FMPT — Faites les mains, pas la tête
Mercredi 30 Septembre 2026
Un projet d’habitat inclusif pour des personnes handicapées physiquement dépendantes
1. Constat
Pour les personnes handicapées présentant principalement une dépendance physique, la vie en foyer d’hébergement peut être contraignante et ne correspond pas toujours à leurs aspirations. Il existe encore peu de solutions permettant de vivre dans un logement individuel tout en bénéficiant d’une aide humaine adaptée et sécurisée.
Le projet FMTP — Faites les mains, pas la tête propose une alternative à l’hébergement collectif classique : regrouper cinq ou six personnes volontaires dans des appartements individuels, situés sur un même site ou dans un même périmètre, afin de mutualiser certains moyens humains et matériels.
2. Objectifs du projet
Le projet vise à :
proposer une alternative à l’hébergement en établissement ;
permettre à chaque personne de vivre dans son propre appartement ;
garantir une présence d’auxiliaires de vie vingt-quatre heures sur vingt-quatre ;
réduire le coût individuel des aides grâce à la mutualisation ;
préserver l’autonomie dans la gestion du temps, de l’argent et des démarches administratives ;
favoriser l’accès à la culture, aux loisirs et à la vie sociale ;
lutter contre l’isolement et le sentiment d’enfermement ;
proposer un accompagnement social respectueux des choix de chaque résident.
3. Principe général
Le projet réunirait cinq ou six personnes handicapées, volontaires et compatibles avec ce mode de vie.
Chaque résident serait locataire d’un appartement individuel. Un dossier de présentation serait établi afin de convaincre des promoteurs privés ou publics de créer, sur un même lieu, un ensemble de cinq ou six logements adaptés selon un cahier des charges précis.
Un prestataire de services, sélectionné dans le cadre d’un appel d’offres, assurerait notamment :
les interventions des auxiliaires de vie ;
la présence et la surveillance nécessaires vingt-quatre heures sur vingt-quatre ;
les interventions de nuit ;
l’accompagnement ponctuel à l’extérieur ;
certaines tâches mutualisées entre les résidents.
La mutualisation des moyens permettrait de diminuer les dépenses individuelles et de consacrer davantage de ressources à la culture, aux loisirs et à la participation sociale.
4. Public concerné
Le projet s’adresse à des personnes :
ayant un handicap principalement physique ;
nécessitant l’intervention d’une tierce personne ou d’un auxiliaire de vie ;
pouvant bénéficier de la prestation de compensation du handicap, notamment au regard d’un taux d’incapacité d’au moins 80 % lorsque cette condition est requise ;
capables de gérer leur temps et de participer aux décisions concernant leur vie quotidienne ;
autonomes dans la gestion administrative et financière, avec éventuellement des aides techniques ou un accompagnement ponctuel ;
capables d’évaluer la valeur des choses, même si certaines opérations de calcul sont difficiles ;
capables de gérer leur traitement médical, cette aptitude devant être préalablement évaluée par un médecin.
Dans un premier temps, le projet ne serait pas destiné aux personnes accueillies en CAJ. La capacité à organiser son temps et à participer à la vie collective constitue une condition essentielle à la réussite du dispositif.
L’admission pourrait être précédée d’une période d’essai de trois mois, selon des modalités définies dans le règlement de fonctionnement.
5. Les logements
Les appartements seraient situés en agglomération, à proximité :
des commerces ;
des services publics ;
des équipements culturels et de loisirs ;
des transports en commun.
Les logements seraient conçus pour faciliter la circulation, les transferts et l’utilisation des équipements par les résidents comme par les professionnels.
Principes d’aménagement
Le cahier des charges pourrait notamment prévoir :
une organisation limitant les couloirs ;
un hall central desservant les différentes pièces ;
des circulations suffisamment larges ;
l’absence, autant que possible, de virages à angle droit ;
une domotique centralisée ;
des commandes accessibles pour les portes, volets, éclairages et équipements ;
un palan suspendu entre la chambre et la salle de bains ;
des dispositifs d’appel adaptés ;
des espaces permettant l’intervention et le repos du personnel.
Le regroupement des appartements sur un même site ou dans un même périmètre permettrait de mutualiser les interventions des auxiliaires de vie et d’optimiser leur temps de présence.
6. Adaptations personnalisées
Les équipements ne devraient pas être uniquement standardisés. Chaque appartement devrait être adapté aux besoins spécifiques de son occupant.
Ces adaptations pourraient concerner :
le type et la longueur du palan ;
le choix du système de sangles ;
le système d’appel : sonnette, commande vocale, bip ou autre dispositif ;
les équipements domotiques ;
l’aménagement de la salle de bains ;
les dispositifs de transfert ;
les outils de communication alternative ou augmentée.
Les frais liés aux adaptations personnelles seraient pris en charge par le résident, avec la possibilité de rechercher des financements spécifiques, des subventions ou des partenariats. La durée prévisible d’occupation des logements permettrait d’amortir ces installations dans le temps.
7. Fonctionnement
Les dépenses nécessaires au fonctionnement du service d’auxiliaires de vie seraient mises en commun et gérées selon des règles définies collectivement.
Le fonctionnement pourrait comprendre :
une présence d’auxiliaires de vie vingt-quatre heures sur vingt-quatre ;
un veilleur ou une présence de nuit ;
une organisation commune des plannings ;
un service de courses ou de livraison à domicile ;
la possibilité de recourir à un prestataire de restauration ;
une procédure d’urgence ;
un dispositif permettant de savoir, pour des raisons de sécurité, si les résidents sont présents dans leur appartement ou dans les espaces communs ;
une formation préalable du personnel à la manutention, aux transferts et aux techniques de portage ;
une évaluation régulière de la qualité du service.
Le règlement intérieur et le règlement de fonctionnement devront préciser les droits et les obligations de chacun, en particulier le respect réciproque entre résidents, salariés et intervenants.
8. Accompagnement social
Une professionnelle pourrait être détachée en journée pour accompagner les résidents dans leurs activités extérieures et leurs démarches.
Son rôle pourrait comprendre :
l’accompagnement aux rendez-vous médicaux ;
la prise de notes et l’aide à la compréhension des échanges ;
l’accompagnement dans les démarches administratives ;
l’entretien courant du fauteuil roulant et du matériel ;
l’aide à l’organisation des déplacements ;
la recherche d’activités correspondant aux souhaits de chaque résident.
Elle pourrait également consacrer du temps à un accompagnement social individualisé : recherche d’un club de théâtre, de cours de musique, d’activités informatiques, de peinture, de sport ou de toute autre activité choisie par la personne.
Cet accompagnement devrait respecter les décisions, le rythme et les choix de chaque habitant. La professionnelle devrait également être formée à l’utilisation du Bliss et des autres outils de communication alternative ou augmentée pour les personnes ne s’exprimant pas oralement.
9. Partenariats à rechercher
La réalisation du projet nécessiterait la mobilisation de plusieurs partenaires :
promoteurs immobiliers privés ou publics ;
architectes spécialisés dans l’accessibilité ;
collectivités territoriales ;
organismes de logement social ;
prestataires d’aide à domicile ;
écoles et centres de formation d’auxiliaires de vie ;
professionnels du droit ;
établissements de santé et professionnels médicaux ;
associations spécialisées dans le handicap ;
fournisseurs d’équipements adaptés ;
mécènes et sponsors.
Des partenariats pourraient être conclus avec des entreprises afin de financer l’achat ou la location de logements et d’équipements, en contrepartie d’un contrat d’entretien, d’une visibilité ou de la présentation des produits dans un appartement témoin.
Les dons consentis au projet pourraient, selon le statut juridique de la structure porteuse et la réglementation applicable, ouvrir droit à des avantages fiscaux.
10. Appartement témoin
La création d’un appartement témoin permettrait de :
présenter concrètement le projet aux partenaires ;
tester les équipements en situation réelle ;
recueillir l’avis des futurs résidents ;
démontrer l’intérêt des adaptations personnalisées ;
permettre aux fournisseurs de présenter leurs solutions ;
servir de support de formation pour les professionnels.
11. Points à approfondir
Plusieurs éléments devront être précisés :
le statut juridique de la structure porteuse ;
le statut des logements et des résidents ;
les responsabilités respectives des locataires, du prestataire et du gestionnaire ;
les modalités de financement ;
l’organisation de la permanence de nuit ;
le financement des adaptations individuelles ;
la gestion des absences et des hospitalisations ;
les conditions d’admission et de sortie ;
la procédure de période d’essai ;
la place des familles et des représentants légaux ;
la possibilité d’accueillir des stagiaires ;
la création éventuelle d’un studio pour le personnel ;
les règles de mutualisation de la prestation de compensation du handicap ;
les conventions à conclure avec les différents partenaires.
12. Cadre de réutilisation du document
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