FRATRIE ET HANDICAP
Lundi 22 Juin 2026
Fratrie et handicap
Avoir une personne handicapée parmi une famille, eh bien, des fois, c'est très difficile. Il y a toujours un moment où il faut que la famille accepte son enfant handicapé comme une personne, malgré toutes les difficultés rencontrées. Car, pour moi, avoir un enfant, quand tu l'attends, tu imagines toujours qu'il va être parfait. Il y a des familles qui rejettent totalement le handicap. Et la personne elle-même n'est pas accueillie comme il se doit. Et aussi, être handicapé, des fois, ça veut dire être déficient mentalement, pour beaucoup de gens et beaucoup de familles. Et pourtant, être déficient quelque part, ça ne veut pas dire que je ne comprends rien, que je ne peux rien faire. Bien sûr, de la part de la maman, il y a une histoire de protection ou de surprotection. Et les frères et sœurs peuvent se sentir lésés par l'attention qu'on peut leur porter. Cela est très dur de faire un enfant idéal. Pour ma part, il n'y a que ma sœur qui l'a à peu près mal supporté. Moi, j'ai été bien intégré, car mes deux frères m'ont emmené de partout et m'ont fait faire des conneries. Et peut-être que le commencement de mon amour du sport en général, c'est parce que mon petit frère, quand il pleuvait, ne pouvait pas aller jouer au foot dehors. Il me mettait dans le lit de mes parents. Ce lit avait une tête de lit et des lumières de chaque côté. Le but était que moi, je fasse le gardien. Lui se baladait dans toute la maison avec un ballon et arrivait à fond de train vers moi ; il essayait de me marquer des buts. Je devais arrêter les tirs pour éviter que le ballon aille se mettre dans les ampoules. Mais qu'est-ce qu'on a cassé comme ampoules ! Et un jour, ma mère l'a raconté à son père et lui a dit : « Ça nous coûte cher en ampoules ! » Il lui a répondu : « Voilà 100 francs, tu en achètes pour six mois, mais laisse-les jouer ! » Je n'ai pas de solution miracle. Chacun fait avec son histoire. Et avec les gens que j'ai pu croiser dans différentes institutions, je suis devenu qui je suis aujourd'hui. Car une vie en institution a ses mauvais côtés, mais aussi ses bons côtés. Quand je vois qu'il y en a encore aujourd'hui qui vivent toujours chez leurs parents et qui n'ont pas mis les pieds dans une institution, eh bien, pour moi, ces gens ou ces familles n'ont pas pris la bonne solution. Car les parents ne sont pas éternels. Et un jour ou l'autre, ces personnes vont devoir aller en institution. J'espère sincèrement que, pour eux, ça ne sera pas trop dur. J'ai aussi remarqué que des copains à moi rentrent tous les soirs dans leur famille, et cela permet de toucher l'AAH à taux plein, ce qui est une aide financière pour la famille. Je sais aussi que nous sommes dans une association de parents qui croient bien faire pour leurs enfants. Moi, pour ma part, j'ai bien aimé toute la famille… euh… maternelle… Un peu moins paternelle. Quand il y avait des réunions de famille, ils étaient toujours… gentils. Petits, ils me caressaient la tête. Alors, quand t'es petit, ça ne t'embête pas. Mais quand tu deviens grand, ça t'emmerde. Si un jour vous croisez une personne, peu importe son handicap, considérez-la comme une personne à part entière, c'est-à-dire normale. Les personnes handicapées ont des passions, des envies et puis voilà quoi !