Vie sexuelle des handicapés physique.
Dimanche 8 Octobre 2017
Vie sexuelle des handicapés physique.
Je pense qu’en général les structures ne sont pas prêtes à recevoir des couples qui
sont atteints d’un handicap physique. Plusieurs exemples. J’étais avec une copine et
un jour je suis sorti de ma chambre en pyjama pour la raccompagner en bas car il y
avait un transport qui venait la chercher. Quand je suis remonté sur mon groupe un ou
une salarié m’a dit « Tu es en pyjama ? Qui t’as mis en pyjama ? ». Alors des fois tu
restes con. Je lui ai répondu que c’était le pape. Elle m’a fait toute une théorie comme
quoi m’a copine n’aurait pas du le faire car c’était son travail. Croyez-moi des fois
vous restez con jusqu’au lendemain matin. Je croise, le matin, un autre salarié qui
m’aime bien et il voit que quelque chose ne va pas. Alors il me demande et je lui
raconte. Il me dit « je te préviens Jérôme si tu ne vas pas voir la directrice c’est moi
qui descend tout de suite ». Cela pour vous dire qu’après cette épisode nous n’avons
jamais osé demander à un membre de l’équipe ne serait-ce que de me coucher dans le
lit car vu qu’une simple mise en pyjama posait problème. Donc c’est ma copine qui
faisait tous les transferts du fauteuil au lit.
J’allais de temps et temps dans son établissement à elle le week-end. Et un dimanche
matin, le directeur du site a appris, par une conversation, que c’ était elle qui faisait
tous les transferts. Il a dit à son personnel « Je vous préviens si Jérôme ou elle, se font
mal pendant un transfert et que cela se passe sur mon site, ceux qui sont présents à ce
moment là recevront une lettre en recommandée ». Il l’a dit avec le sourire. Puis, ma
copine a fait une demande de candidature pour intégrer mon foyer. Alors on m’a
demandé tout un tas de questions à la con. Comment on comptait s’organiser ? Qu’il
n’était pas question de casser un mur de chambre pour réunir 2 chambres. Alors je
suis allé voir la directrice et je lui ai dit : « Mme pourquoi les éducateurs se posent
des questions avant que les choses arrivent ? » Elle me demande pourquoi. Je lui
explique que ma référente était venue me voir pour savoir comment on allait
s’organiser, car on ne pouvait pas casser de mur. Chez ces gens la, dans leur
appartement, il y a bien des pièces différentes où il y a des murs. Si ils réfléchissaient
correctement ils pourraient penser : ils ont une chambre et un salon et donc pas
besoin de casser les murs. Et surtout ils ont le droit de baiser. Je lui ai demander de
défendre ce projet devant son équipe et elle ne l’a jamais fait.
Autre exemple, dans le même établissement, il y avait un copain et une copine qui ont
décidé de sortir ensemble. Un jour lui vient me voir, en éclatant de rire et en étant
embêter. Car l’équipe avait demandé au directeur un planning des jours ou ils allaient
coucher ensemble, pour être sure qu’elle ne tombe pas enceinte. Alors moi qui est un
peu d’humour j’ai payé un whisky ou 2 à mon copain. Et je lui ai dit : « n’aie pas
peur, j’ai une solution. Mon père travail, il est représentant et des fois il a des grands
calendriers commerciaux muraux ». Je lui ai dit on va le colorier avec un stabilo pour
tous les jours et tu leur dis : « je vous donne ça car je ne sais pas quand on en aura
envie ».
C’est ça le problème des associations de parents pour adultes. Un moment donné
quand on est adulte il faudrait des associations mais sans parents. Ça fait 36 ans que
je suis dans cette association, j’entends parler de colloques sur la sexualité pour les handicapé ou de réunions. Il y a plein d’écrits qui tombent, ça doit faire un dossier
complet. Et ça continue de faire des colloques sur le même sujet. Ce n’est pas le
problème de faire des colloques, mais qu’est-ce qu’on fait de tout çà ? Faire participer
des tas de gens à des forums comme ceux là, même si ils ne comprennent pas, c’est
les leurrer. Comme ils ont des problèmes avec leur sexualité cela ne fait qu’ amplifier
le truc. C’est pour cela que moi je ne vais plus dans ces colloques car ça fait que
parler mais il n’y a pas d’action.
Je pense aussi que la législation française n’aide pas ni les personnes en situation de
handicapes, ni les salariés à être à l’aise avec le sujet. Car aujourd’hui la législation
ne permet pas à un salarié d’accompagner une personne dépendante voir les
majorettes. Alors j’ai réfléchi à une chose. Si on permettait aux majorettes de venir au
sein des structures ! Mais qui va coucher les résidents ? Pas la majorette car elle ne
sait pas faire le transfert. Alors que faire pour se faire du bien ? Je n’en sais rien.
Mais, je suis contre pour faire comme en hollande, où les personnes handicapées ont
droit à une passe par mois payée par la société. Ce n’est pas aux autres de payer notre
plaisir et/ou notre loisir.
Moralité de l’histoire les éducateurs devraient arrêter de se masturber l’esprit et
devrait penser à la masturbation classique.
Jérôme Corderet
29 août 2017